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Une culture de soutien mutuel: Caractéristiques des relations de mentorat des jeunes, 2019

Lorsque les jeunes entrent dans les premières années d’emploi, ils sont souvent confrontés à des défis et à des obstacles inattendus à leur avancement. Trouver un emploi peut être un long et difficile cheminement, qui exige un apprentissage et un soutien continus1. Une fois qu’un jeune a obtenu un emploi, son succès continu dans le milieu de travail fait appel à un éventail de compétences sociales et d’aptitudes pratiques. Le mentorat continu par une personne plus expérimentée peut être un moyen important pour les jeunes de développer ces capacités. Le mentorat des jeunes est donc apparu comme un concept central et un domaine d’apprentissage dans la conversation sur le travail et l’emploi des jeunes.

Quelles sont les caractéristiques d’une relation de mentorat réussie ? Quel type d’environnement ou de culture permet aux programmes de mentorat de s’enraciner et de se développer naturellement ? Comment les jeunes acquièrent-ils les qualités, les compétences et les attributs nécessaires pour progresser et grandir au sein de la population active ? De quel soutien ont-ils besoin pour devenir les protagonistes de leur avenir et de leur développement ? Telles sont quelques-unes des questions examinées par une quarantaine de participants d’une communauté de pratique formée de personnes travaillant avec des organismes au service des jeunes, qui ont participé à une rencontre organisée par le Youth Research and Evaluation Exchange (YouthREX) et le Bureau des affaires publiques de la Communauté bahá’íe du Canada.

Qualités et caractéristiques du mentorat

Dans les premières étapes de la recherche d’un emploi, l’objectif principal d’un jeune est souvent de se rendre employable. Pour de nombreux jeunes, le courage et les efforts nécessaires pour obtenir un emploi ne cèdent pas la place au soulagement et au réconfort, mais ouvrent plutôt de nombreuses questions et possibilités nouvelles qui exigent davantage de persévérance. Lorsqu’il est orienté par des objectifs clairs et soutenu par ses mentors, ses collègues, sa famille et ses amis, un jeune peut relever ce défi et poursuivre l’excellence dans son travail. Une relation formelle ou informelle avec un mentor qui a une expérience substantielle dans un secteur ou un type de travail peut aider les jeunes à avoir une vision à long terme de leur cheminement de carrière, à voir comment de petits pas peuvent mener à des destinations éloignées, transformant les obstacles en étapes de leur cheminement. Le courage, l’effort constant et l’ouverture à la réflexion sur l’expérience sont des outils clés pour l’apprentissage par le mentorat.

Un mentor compétent s’appuie sur sa capacité d’honnêteté et d’humilité pour établir une relation dans laquelle le jeune se sent valorisé, soutenu et encouragé. Cela conduit naturellement à mettre l’accent sur le développement de compétences non techniques et de capacités telles que la résilience, la flexibilité, l’adaptabilité, l’établissement de relations, l’intelligence émotionnelle, le soutien mutuel et une attitude de croissance. Un mentor n’est pas guidé par sa propre vision de l’avenir d’un jeune — ce qui peut conduire à une attitude qui traite les jeunes comme des « projets » à résoudre ou à corriger — mais par la vision que le jeune a de l’avenir qu’il souhaite. En fait, l’une des tâches cruciales d’un mentor semble être d’aider les jeunes à cristalliser une vision à long terme et à déterminer les étapes à franchir sur son chemin.

Établir des relations de mentorat réussies

Une relation de mentorat réussie se construit dans un contexte qui va au-delà du milieu de travail. En effet, un mentor est plus efficace lorsqu’il est familier avec les expériences de son jeune ami dans sa famille, son quartier, sa culture et son environnement. Ils examinent comment la relation de mentorat peut aider à renforcer une vision cohérente de la vie, en reconnaissant comment les facteurs s’influencent et se renforcent mutuellement. En apprenant à se concentrer sur ses forces, un jeune peut être aidé à demeurer responsable de ses projets et de sa vision, tout en anticipant et en identifiant les occasions et les prochaines étapes qui mèneront à de nouveaux sommets.

Plus généralement, au centre d’une relation réussie se trouve une vision de la jeunesse qui voit le potentiel de leur contribution au progrès et au bien-être de la société. Le mentorat offre un espace d’initiation et de possibilités, permettant aux jeunes d’accéder à l’âge adulte et à une vie de travail enrichissante. Chaque génération a ses propres questions et possibilités lorsqu’elle réfléchit à la meilleure façon de canaliser l’énergie et la perspective des jeunes pour contribuer au bien-être de la société. Les mentors ont un rôle essentiel à jouer en examinant ces questions et en offrant des possibilités.

Structures et systèmes d’emploi

Une question soulevée dans de nombreuses relations de mentorat est de savoir si les jeunes sont aidés à entrer dans un système d’emploi défectueux ou s’ils sont soutenus pour renforcer leurs capacités à créer de nouveaux types de travail qui reflètent mieux la réalité et les aspirations d’une génération future. La précarité de l’emploi que connaissent généralement les jeunes est souvent renforcée par des structures en milieu de travail, qui favorisent des hiérarchies rigides, des stratégies de motivation fondées sur la concurrence et la peur, et l’isolement. La relation de mentorat peut promouvoir des efforts créatifs pour inclure la voix des jeunes dans l’élaboration des structures en milieu de travail, par exemple en incluant les jeunes dans un conseil d’administration ou en faisant appel aux anciens usagers des services de soutien professionnel pour guider les nouvelles cohortes de jeunes. Dans de nombreux cas, l’identification des obstacles spécifiques auxquels les jeunes sont confrontés dans un contexte particulier, ainsi que des forces et des possibilités qui s’offrent à eux, peut permettre aux jeunes de surmonter de façon créative les limites individuelles et systémiques. Il vaut la peine d’examiner comment les relations de mentorat formelles et informelles peuvent contribuer à cette approche de l’autonomisation des jeunes.

La culture de soutien mutuel entretenue par les relations de mentorat aborde des questions qui préoccupent de nombreuses personnes et leurs familles, les communautés qui les entourent, les organismes et les institutions. Comment tous ces acteurs de la société participent-ils à une conversation commune, sachant que leurs questions communes les concernent tous ? Le processus d’apprentissage nécessaire à l’avancement de cette conversation peut mobiliser tous les jeunes qui entrent sur le marché du travail et toutes les relations de mentorat qui les guident dans leur cheminement.

— Préparé par Livia Dittmer, PhD

Le 13 juin 2019, plus d’une trentaine de personnes provenant de divers organismes et organisations qui s’intéressent à la jeunesse et au travail auprès des jeunes se sont réunies à Toronto pour examiner les questions vitales auxquelles sont confrontés leurs organismes et les jeunes qu’ils servent. Cet espace a été créé dans le cadre de l’initiative YouthREX sur les communautés de pratique et a été coorganisé et offert par la communauté bahá’íe. Pour plus d’informations, voir: https://news.bahai.ca/fr_articles/062712/